Ce que la banque fait de vos dépôts
Vos 1 000 € ne sont pas dans un coffre à votre nom. Alors, où sont-ils ?
Une banque n'est pas un garage à billets : c'est un intermédiaire. L'argent déposé alimente sa capacité à financer : crédits aux ménages et aux entreprises, mais aussi, pour les grandes banques, activités de marché et projets partout dans le monde. Votre dépôt travaille ; toute la question du cadre suivant sera : pour quoi.
Deux garde-fous à connaître d'abord. Votre argent reste disponible : la banque doit vous le rendre à la demande, et des règles européennes l'obligent à garder des réserves pour en être toujours capable. Et s'il lui arrivait malheur, vos dépôts sont garantis jusqu'à 100 000 € par personne et par banque par le Fonds de garantie des dépôts (FGDR). Maintenant, suivez le trajet, et notez qu'il change selon où vous posez l'argent :
Manipulez — le voyage de vos 1 000 € déposés
Précision importante : les grandes banques françaises sont des banques « universelles » : elles font tout à la fois. Banque de détail (votre compte, les crédits immobiliers du quartier), mais aussi banque de financement et d'investissement : prêts à de grands groupes, émissions d'obligations, activités sur les marchés, en France comme à l'international. Votre dépôt est mutualisé dans cet ensemble : il n'est fléché nulle part en particulier… sauf sur les livrets réglementés, dont l'usage est encadré par la loi (le Livret A vers le logement social, une part du LDDS vers les PME et la transition écologique).
Sources : garantiedesdepots.fr (FGDR, 100 000 €) · caissedesdepots.fr / economie.gouv.fr (centralisation d'une majorité des fonds Livret A-LDDS au fonds d'épargne, logement social ; emplois obligatoires du LDDS) · Banque de France / ACPR (modèle de banque universelle, règles de liquidité) — vérifié juillet 2026.
L'empreinte de votre argent
Si votre argent finance des projets à l'autre bout du monde, lesquels, et qui le vérifie ?
Placer son argent est un acte qui oriente l'économie : chaque support a une empreinte (sociale, climatique, territoriale). Cette page ne vous dira pas quelle banque choisir ; elle vous montre les circuits et vous donne les outils publics et indépendants pour vérifier par vous-même.
Le fait établi : les grandes banques françaises financent l'économie mondiale, et cela inclut, selon les rapports annuels d'ONG comme Banking on Climate Chaos (coalition internationale) ou Oxfam France et Reclaim Finance, des volumes importants de financement aux énergies fossiles, qui les placent parmi les premiers financeurs européens du secteur. Les banques contestent parfois les méthodologies et mettent en avant leurs engagements de sortie progressive ; les ONG jugent ces engagements insuffisants. Le débat existe : votre rôle n'est pas de le trancher ici, mais de savoir qu'il existe et où regarder. Manipulez :
Explorez — 1 000 €, quatre supports, quatre empreintes
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Trois familles de vérificateurs, à connaître pour la vie : les labels publics (label ISR pour les fonds « investissement socialement responsable », label Greenfin pour la finance verte, tous deux adossés à l'État, avec des cahiers des charges consultables), le label associatif Finansol pour l'épargne solidaire (géré par l'association FAIR), et les rapports d'ONG qui évaluent chaque année les financements des banques, méthodologie publiée à l'appui. Aucun label n'est parfait (les critiques sur leurs critères font partie du paysage), mais ils transforment une promesse marketing en engagement vérifiable. Le réflexe à retenir : quand un produit se dit « vert », « éthique » ou « responsable » sans label ni méthodologie consultable, c'est un slogan, pas une preuve.
Sources : lelabelisr.fr (label ISR, État) · ecologie.gouv.fr (label Greenfin) · finance-fair.org (label Finansol) · rapports annuels Banking on Climate Chaos, Oxfam France, Reclaim Finance (financements fossiles des banques — évaluations associatives, méthodologies publiées ; les établissements contestent parfois ces chiffrages) — vérifié juillet 2026.
Choisir sa banque
Pas de « meilleure banque », mais trois questions, et un comparateur public que presque personne ne connaît.
Une banque se choisit comme un forfait téléphonique : d'après vos besoins réels, pas d'après l'habitude familiale. Et elle se quitte aussi facilement : la loi oblige votre nouvelle banque à gérer le déménagement à votre place.
Question 1 : combien coûte-t-elle ? Frais de tenue de compte, carte, retraits, incidents : les écarts se chiffrent en dizaines d'euros par an. Le comparateur public officiel tarifs-bancaires.gouv.fr (géré sous l'égide de la Banque de France) compare toutes les banques, ligne à ligne, gratuitement. Question 2 : de quoi avez-vous besoin ? Une agence et un conseiller ? Déposer des espèces ou des chèques ? Ou tout au téléphone ? Dans ce cas les banques en ligne, souvent sans frais de tenue de compte, suffisent largement dans bien des situations. Question 3 : que finance-t-elle ? C'est le cadre 2 : si l'empreinte de votre argent compte pour vous, les labels et rapports cités plus haut sont vos outils de comparaison.
Deux droits à connaître : la mobilité bancaire (votre nouvelle banque transfère elle-même virements et prélèvements, gratuitement, sous quelques semaines) et le droit au compte (si toutes les banques vous refusent, la Banque de France en désigne une, tenue de vous ouvrir un compte avec services de base gratuits (utile à savoir pour soi ou pour aider quelqu'un).
Sources : tarifs-bancaires.gouv.fr (comparateur CCSF) · service-public.gouv.fr (mobilité bancaire, droit au compte) — vérifié juillet 2026.
Épargner
Pas de placement magique, mais une méthode, et quatre livrets que l'État a créés pour vous.
Ordre des priorités quasi universel quand on démarre : 1) un compte qui ne coûte presque rien, 2) un matelas de sécurité de 2-3 mois de dépenses sur un livret disponible, 3) seulement ensuite, les projets à long terme. Cette page explique, elle ne conseille pas de placement : personne de sérieux ne le fait sans connaître votre situation.
L'État a créé des livrets réglementés : taux fixé nationalement, argent disponible à tout moment, zéro risque, zéro impôt. Ce sont les bons outils du matelas de sécurité. Comparez :
Manipulez — que rapporterait votre épargne ? (taux en vigueur au 15 juillet 2026)
| Livret | Taux | Plafond | Conditions | Intérêts / an |
|---|---|---|---|---|
| LEP (livret d'épargne populaire) | 2,5 % | 10 000 € | revenus modestes (RFR ≤ ~23 000 € pour 1 part) ; des millions d'éligibles ne l'ont pas ouvert | — |
| Livret jeune | ≥ 1,5 % | 1 600 € | 12-25 ans ; taux libre selon la banque, jamais sous le Livret A | — |
| Livret A | 1,5 % | 22 950 € | ouvert à tous ; finance largement le logement social | — |
| LDDS (développement durable et solidaire) | 1,5 % | 12 000 € | ouvert à tous les majeurs ; dons solidaires possibles depuis le livret | — |
Taux nets d'impôt, révisés chaque 1er février et 1er août (une hausse du Livret A est d'ailleurs annoncée pour le 1er août 2026). Intérêts calculés hors « règle des quinzaines », pour l'ordre de grandeur.
Trois idées à emporter. Un : l'ordre malin des livrets : LEP d'abord si vous y avez droit (son taux dépasse tous les autres, et près d'un éligible sur deux l'ignore), livret jeune ensuite tant que vous avez moins de 25 ans, Livret A/LDDS pour le reste. Deux : l'ennemi silencieux de l'épargne s'appelle inflation : si les prix montent plus vite que votre taux, votre argent « rapporte » mais perd du pouvoir d'achat ; c'est pour ça qu'au-delà du matelas de sécurité existent des placements de long terme (assurance-vie, plan d'épargne en actions, plan d'épargne retraite), plus rémunérateurs mais avec un risque de perte, à n'aborder qu'informé, jamais pressé. Trois : méfiance absolue envers quiconque promet du rendement élevé sans risque sur les réseaux sociaux : c'est la définition même de l'arnaque, et l'AMF en recense des milliers, qui pullulent précisément là où l'on s'informe.
Sources : service-public.gouv.fr / economie.gouv.fr (taux au 1er févr. 2026 : Livret A et LDDS 1,5 %, LEP 2,5 %, livret jeune ≥ 1,5 % ; plafonds ; annonce de hausse au 1er août 2026) · tarifs-bancaires.gouv.fr (comparateur officiel CCSF) · abe-infoservice.fr et amf-france.org (mise en garde arnaques) — vérifié juillet 2026.
À vous de jouer
La machine bancaire est comprise. Voici les manettes : cochez au fur et à mesure.
Chaque geste renvoie vers un site officiel ou une ressource indépendante. Vos coches restent sur cette page, rien n'est enregistré nulle part.
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Sources & méthode
Chaque chiffre provient d'une source publique officielle ou d'une évaluation indépendante à méthodologie publiée, vérifiée en juillet 2026. Les taux des livrets sont révisés chaque 1er février et 1er août : en cas de doute, la source fait foi.
- garantiedesdepots.fr — garantie des dépôts 100 000 € par personne et par établissement (FGDR)
- caissedesdepots.fr / economie.gouv.fr — centralisation d'une majorité des fonds Livret A-LDDS au fonds d'épargne (logement social, politique de la ville) ; emplois obligatoires du LDDS (PME, transition écologique)
- abe-infoservice.fr (Banque de France) — Livret A 1,5 %, LDDS 1,5 %, LEP 2,5 %, livret jeune ≥ 1,5 % au 1er février 2026 ; annonce de révision au 1er août 2026
- tarifs-bancaires.gouv.fr — comparateur public des tarifs bancaires (CCSF) ; service-public.gouv.fr — mobilité bancaire, droit au compte, LEP
- lelabelisr.fr (label ISR, État) · ecologie.gouv.fr (label Greenfin) · finance-fair.org (label Finansol, épargne solidaire)
- Rapports annuels Banking on Climate Chaos, Oxfam France, Reclaim Finance — financements des énergies fossiles par les grandes banques : évaluations associatives à méthodologie publiée, dont les établissements contestent parfois les chiffrages
- amf-france.org / mesquestionsdargent.fr — mises en garde et éducation financière publique